Tendance kaki
Par Coco dans Analyse des Tendances (*)
Alors que l’on s’attendait à voir les abords de la fashion week de New York se décliner en mode camel, les modeuses ont au final préféré bouder la “it” couleur de saison au profit d’un kaki certes moins attendu, mais au potentiel chic et roots incontestable…
Lorsque l’on constata – lors des défilés de février dernier – la présence massive du camel aussi bien sur les podiums qu’en front row, il fallut se résoudre à l’évidence: déjà surexploité, celui-ci n’allait pas tarder à perdre de son sex appeal après des fashionistas.
En effet, en choisissant de consommer dès à présent ce que l’on pouvait alors considérer – au regard de son omniprésence au sein des collections – comme la future couleur must have, les modeuses ne pouvaient que raccourcir sa durée de vie au sommet de la hype.
Sept mois plus tard, après être parvenues à galvauder cette teinte en un temps record, les rédactrices, socialites et mannequins – dont une des fonctions est de servir de baromètre des tendances du moment – ne pouvaient alors plus décemment ressortir leur camel de février, et ce malgré son omniprésence au coeur des magazines.
Dès lors, il leur fallut rapidement trouver une parade. Sans se concerter, elles finirent par jeter leur dévolu sur le kaki qui, sans être au firmament de la tendance, avait néanmoins l’avantage de posséder aussi bien le chic de l’outsider que le parfum irrésistible d’une fin d’été prolongée.
Voilà comment les teintes olive – allant du vert lichen au kaki army – prirent le dessus sur les panels de couleurs camel&co. On les vit alors s’épanouir sur les jupes amples de saison, ressurgir sur les pantalons cargos, infuser les chemises en soie et même s’inviter sur le matelassé Chanel…
Souvent incorporées à des looks plus chics que roots, ces réminiscences kaki permettent d’injecter un twist inattendu aux tenues classiques. Une faculté qui devrait trouver un écho chez toutes celles qui ne se voyaient pas se plier aux injonctions classico-bourgeoises des cahiers de tendances…
Ce genre de mutinerie fashion devrait d’ailleurs accélérer les changements déjà engagés en matière de distribution. À l’ère d’internet, il n’est en effet plus possible d’imposer des délais de 6 mois entre la découverte d’un vestiaire et sa sortie en boutique…
Octobre 2010




